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vendredi 22 septembre 2006

Deux perdus ne feront jamais un trouvé. (1/6)



Igor, Premiers jets.

Devant moi s’étendait le chemin du retour, une longue ligne droite de bitume interminable à l’horizon flou et dansant. J’étais en nage, fatigué, aveuglé par les reflets des champs de blé alentour. J’habitais six kilomètres vers le sud. Un instant, Je regrettais de ne pas avoir pris par le bois, mais l’effort valait bien la demi heure que j’allais gagner. Je restais un moment à fixer le point de fuite de cette cicatrice goudronnée. Puis décidé, j’enfonçais ma casquette jusqu’au sourcils réduisant mon champ de vision à mes lourdes bottines. D'un pas traînant que je me mis en marche, les yeux rivés sur l’asphalte motivé par une seule idée : deux Tranxène et quelques bières. Hypnotisé par le rythme de mes pas le long de la double ligne jaune, je repensais au héros de « Marche ou crève ». Courbé et rompu par la fatigue, condamné à marcher pour sauver leurs vies. Je n’en étais pas loin. Mais je doutais qu’il y ait une âme assez charitable pour m’achever si je m’écroulais ici dans le fossé.

Je ne relevais les yeux que pour quitter l’asphalte. J’empruntais le chemin en terre caillouteux et poussiéreux menant à ma tanière. Pas de signalisation, pas même une boîte aux lettres, rien de visible depuis la rue. Le sentier aboutissait au bout de deux ou trois kilomètres à une clairière, à peine la taille d’un terrain de foot, couvertes de hautes herbes et parsemée de vieilles souches. Au milieu se dressait une construction, plus proche de l’abri de chasse que d’une caravane. Un modèle résidentiel comme on appelle ça, montée sur des blocs et prolongée sur le devant par un auvent de tôles ondulées. La parcelle alentour, encadrée par des bois denses de hauts sapins, descendait en pente douce vers la rivière clôturant ainsi mon petit univers. Seul un vieux peuplier trônait au milieu de cette friche, la barrant de son ombre.

Lorsque je m’écroulais enfin éreinté sur le vieux rocking chair, à l’ombre du patio. Elle s’étirait déjà jusqu’à l’autre rive. Il devait être huit heures passée et le soleil ne tarderait plus à plonger derrière la colline. J’avais toujours aimé la lumière rasante de ces fins d’après-midi d’été, quand le soleil écrasant vous lâche un peu la grappe. Pourtant, la température oscillait toujours autour des trente-cinq degrés et l’air moite prenait une consistance presque liquide, chaque bouffée se matérialisant dans votre gorge telle une gorgée d’eau tiède et sucrée.

Cette chaleur accablante vibrait, finnisant par prendre corps, exacerbée par une multitude de parfums et odeurs. Le sol exhalait des fragrances de sous-bois, d’herbes brûlées, de pins… Le soir venu, une alchimie silencieuse s’opérait. Des abords de la rivière montais d’odoriférantes et saumâtres exhalaisons. Les berges, marécageuses à cette périodes de l’année, libéraient de pénétrantes effluves, de longs relents lourds et écœurants si typique du coin.

Dans mon esprit fiévreux, tous ces arômes avaient le don de se muer en une avalanche de souvenirs. Images sépia et floue de mon enfance. Je me revoyais, au pied de ce même fauteuil avec mon paternel, son expression, figée et impénétrable, silencieux devant cette nature luxuriante. Nous pouvions rester des heures ainsi, les yeux dans le vague, jusqu’à ce que la nuit - ou ma mère - nous chasse. Peu enclin aux effusions et plutôt avare en mots, ces instants volés résonnaient autant qu’une conversation à bâtons rompus. Ce sentiment que nous partagions : un amour viscéral pour ce coin perdu, quelque chose d’évanescent certes, peut-être le point commun qui nous liait. Une communion discrète des sens.

Son style bourru de paysan contrastait avec un regard flamboyant. Ses rares sourires, rapides et fugaces ressemblaient à d’étranges frissons mécaniques sur sa figure burinée par le soleil. Mort trop tôt, il m’avait laissé cette caravane et son lopin de terre ainsi que cet étrange rituel. C’était un de ces êtres dont il est à la fois difficile de dire quelque chose, mais dont l’on se souvient à jamais. Etais-ce en sa mémoire que je perpétuais ces moments précieux ? Peut-être. Bientôt Trente cinq étés que ce bout de terrain, garni de cet amas de tôles, abritait ma carcasse efflanquée. Sorte de prolongement organique de ma personne, vrillé en moi tel un vilain défaut, une sale manie dont on ne sait se débarrasser, mais qui finit par nous caractériser.

Cette vallée encaissée garnie d’une forêt dense et non exploitée, la rivière aux berges limoneuses et sauvages engendraient une sorte de micro climat où l’humidité suffocante vous collait les vêtements au corps de façon huileuse. Le genre de chaleur visqueuse et étouffante qui rend fou les plus endurcis. Une saison tellement omniprésente, qu’elle en devenait presque palpable, finissant par vous jouer des tours, dupant vos sens, engourdissant votre perception des choses, usurpant votre moi profond, l’instinct prenait le pas sur la raison, Faisant ressortir tout ce qu’il y a de plus animal en vous. Même les nuits n’offraient aucun répit. Pesantes et lourdes, elles étaient entrecoupées de longues périodes de veilles comateuses, peuplées de rêves étranges qui vous laissait ruisselant, le souffle court, avec cette horrible impression d’oppressement sur la poitrine, comme Bâillonné.

Ce climat particulier ne faisait qu’ajouter à l’aura du décor. Il exerçait sur vous une sorte de magnétisme, La nature ici dégageait une réelle intensité. La plupart gens qui échouait dans ce coin ne restais pas assez longtemps pour de s'en rendre compte, à peine le temps d’un plein ou d’un casse croûte, indifférent sûrement, un peu effrayé peut-être aussi par l’austère richesse du décor. Etrange dualité, qui pouvait vous procurez un sentiment de sécurité, à l’abri des ses hauts conifères. Mais tout au fond de vous, vous saviez qui dictait les règles. Autochtone aussi bien qu’estivant, tous s’y sentaient irrémédiablement liés. Les familles du coin y étaient installées depuis mathusalem et les quelques citadins qui possédaient une résidence ici la tenaient toute de famille, transmise de générations en générations. Je ne me souviens pas avoir jamais vu une pancarte « à louer » ou « à vendre ».

Dans le monde irréel de l’enfance, l’enchaînement des saisons est une suite de joie, de redécouverte. Mais depuis quelques années, ces étés interminables prenaient petit à petit saveur de supplice. Comme englué, je tournais au ralenti, ne produisant rien de valable. J’avais fini par abhorrer ces étés. Vers la fin août, au summum de l’inconfort, bouffé par les moustiques et les taons, quand chaque geste, chaque mouvement ne vous appartient plus, mais est adapté à la chaleur. Lorsque c’est le temps qui dicte et rythme votre vie. La saison finissait par avoir une identité propre, une réelle présence invisible et inquiétante. Tel le croque-mitaine du placard, ou l’ogre en dessous du lit. Vous savez qu’il est là, qu’il n’attend qu’un moment de faiblesse de votre part pour prendre possession de vous. Très tôt pourtant, j’avais appris à m’acclimater de ces inconvénients. Les insectes, l’odeur, le manque d’eau faisaient partie d’un lot indissociable livré dans le même emballage que la paix, le silence et cette sensation de liberté qu’offre les grands espaces vierges... Face à l’œuvre de dieu, la part des ténèbres n’est jamais loin, ironisais-je.


à suivre ...


jeudi 22 juin 2006

Lord Egon.



Portraits imaginaires, biographiques, inspirés … ou pas.

D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais souffert quel que manque que ce soit. Rejeton légitime des mes ancêtres, dont j’ai hérité la position que j’occupe parmi mes semblables, d'une rente de douze mille euros par ans, ainsi que d’une agréable propriété. J'ai joui, tout au long de mon enfance, d'une attention de tous les instants. Mes précepteurs, triés sur le volet, se chargèrent de façonner l’homme que je suis. Sans cependant avoir jamais pu me fondre dans le moule qui m’était destiné. Dès mon plus jeune âge, je pris soin d’installer et d’afficher une nonchalance, une distance qui, dans l’uniformité de la vie de mes procréateurs, dut être appréciée comme un don de dieu, digne héritage familial d'une longue lignée aristocratique. Je ne parlais pas avant l’âge de cinq ans. Faute d’interlocuteur valable, je pense.

Cette éducation me permis d’évoluer dans bien des milieux, j’appris le violon aussi bien que le poker, les lettres ainsi que la bienséance dû à mon rang. Ma maîtrise du français et de l’anglais me permire de dilapider le peu de sous alloué dans un train de vie fastueux parmi la faune bohémienne de Londres, Paris et autres endroits plus étranges encore et beaucoup moins cosmopolites. De ce lourd passif bourgeois me reste également un humour écervelé et acerbe qui doit avoir laissé quelques traces inconscientes dans mon esprit malade. Principalement dans tous les tournants et choix importants de ma vie où J’avoue avoir choisi, parfois sciemment, les chemins de traverses les plus aventureux.

Très tôt, la nuit fut pour moi une merveilleuse façon d’échapper au carcan familial. Elle ouvrait au jeune étudiant que j’étais les portes d’un monde plein de mystères et de territoires vierges. Une vie parallèle faite d’illusions et de faux-semblants. Un monde à ma mesure. Une vocation. Tel devint ma vie, oiseau de nuit, fêtard invétéré, monsieur loyal d’une cour légère, libertine et assez abjecte que pour être enviée. Prince d’un soir, brigand redouté, hôte extravagant ou vice empereur des Indes…

Me travestir pour mes pérégrinations nocturnes reste à ce jour la seule occupation qui occupe tout mon esprit, loin des vicissitudes de ma vie dissolue. Aujourd'hui, une fausse moustache et d’épais sourcils, un costume étriqué, un monocle... Ces simples ajouts font de moi un être hirsute et fatigué. Pour quelqu’un d’aussi distingué, cet accoutrement constitue le plus impénétrable des déguisement. Ainsi affublé, je peux me mêler à la lie des plus vil quartier de la ville, au tout venant de la racaille. Plaisir ô combien subtil, mais de plus en plus insaisissable avec le temps.

Certes, au ton de mon discours, j’entends déjà évoquer le nom d’un amour perdu et l’image, plus qu’ amer et méprisante ressentie à mon propos. Mais ne vous y tromper pas, cette pathétique mascarade n’a que pour seul but que de travestir une solitude et de tromper une langueur si profondément ancré dans mon ego de fils prodigue, qu’il résonne tel une maladie incurable, longue et pénible comme l’on dira probablement lors de mon éloge funèbre avec, en guise d’épitaphe, « mort d’avoir tout connu » ou « ardent défenseur du superficiel ». Mon snobisme n’a pas de limite, mon goût du tragique exquis.

Est-il croyable qu’à trente ans l’on croit avoir tout vécu ? tout connu ? tout subit ? Las… seul de l’amour je ne connus rien. Un gentilhomme qui se respecte peut-il décemment tomber amoureux avec seulement un peu plus de mille euros de rente mensuelle? Certainement pas. Triste constat, je vous l’accorde. C’est donc bien décidé à couronner ma vie de subtil non-sens et d’habiles absurdités, nourri par une terne folie (savamment entretenue par l’usage quotidien de psychotropes, répondant à de doux noms suaves et exotiques, ramenés de lointaines contrées visitées) que je menais ma barque.

Mais ce soir, tous les bars mis sur ma route, une fois de plus, m’ont laissé sur ma faim. Assis sur le rebord de ce quai, sous ce pont, hypnotisé par les remouds de ce fleuve familier, s’étale devant moi le triste constat que m’inspire ce cours passage parmi vous : une seule religion, un égoïsme forcené, un seul but, la fête continuelle, deux principes, la luxure et la débauche… avec pour toute fin, un désintéressement morbide. Ni vraiment dans le présent, rarement dans le passé, jamais dans le futur… une inconséquence pathologique. Je garde pour moi la satisfaction de n’avoir ni succombé au pouvoir, ni à la cupidité (ce qui m’aurai peut-être, en son temps, sauvé la mise. Mais aurai fait preuve d’une telle vulgarité).

L’odeur écoeurante de l’eau croupie m’emplit les narines, les bruits du pub tout proche se fondent dans les bruits de succion de la bouche d’égout, juste en dessous de moi. La lueur d’un réverbère allonge mon ombre sur la surface de l’eau, martyrisée par le courant puissant de cette fin d’hiver. Elle me renvoie l’image grotesque d’un clown triste. Rôle dans lequel j’ai excellé, parfois bien malgré moi. Car, finalement, rien de tout cela n’a réellement existé. Je le sais, vous le savez… vous le saurez. D'impalpables souvenirs emportés par le quotidien. Du vent. Comme une image sépia trop longtemps resté dans un portefeuille.

Le consensuel oppresse, La norme étrangle, l’ennui achève. Monte en moi un spasme de dégoût, me secoue le haut du corps et me déstabilise. Juste une légère pression des avant bras. Un gros plouf fait s’envoler les pigeons, blottis dans la structure métallique du pont, résonne un moment et puis s’éteint… Quel bruit incongru. Dernière note tragi-comique d’une vie égarée, vécue à contresens, consommée fiévreusement. Don quichotte de l’hédonisme, traqueur de chimères, illusionniste du tangible… la réalité est un adversaire d’une catégorie hors concours. Une course perdue d’avance, juste un aller simple direct vers le néant. Avec, parfois, un paysage sympathique.


Le son : Erik Satie - Gymnopédies I, II et III.


jeudi 2 février 2006

Benito.



Portraits imaginaires, biographiques, inspirés … ou pas.

Benito va sur ses cinquantes ans. Et il en a marre. Marre de sa femme, marre de ces gosses, marre de son job. Et par dessus tout marre de son boss Luigi, qui l’exploite sans vergogne jusque tard le soir. La boite à Luigi, c’est pas compliqué, c’est récupérer de vieux camions, de vieux autocars rachetés ont ne sais où. Le boulot de Benito ? Les découper aux chalumeaux pour les envoyer en pièces détachées via des conteneurs en Amérique du sud. C’était temporaire qu’il lui avait dis à l’époque.

Mais ce matin, dans sa voiture lancée sur l’autoroute, il sent encore ce sentiment qu’il connaît trop bien : une haine sourde et glaciale qui lui envahit les tripes. Benito a atteint le point de rupture, le no way-back. Sa tête bourdonne. Avec l’âge les gueules de bois ont de plus en plus de mal à passer. Il passe une main sous le siège conducteur et en relève l’éternelle bouteille de Jack’s planquée là, trois gorgées au goulot pour calmer les tremblements. Puis il sent le liquide chaud s’insinuer dans tout son être. Les idées deviennent plus claires. C’est ça qui a fichu tout par terre se dit-il. Jamais il n’avait touché à l’alcool avant de rentrer chez Luigi, il y a de ça dix ans. Dix ans de perdu. L’alcool Sujet de conflit permanent avec Petra, du désintéressement de ses enfants. La fin de son ménage il la doit à ça et … à luigi. Con comme un manche, petit dictateur chauve ultra speedé, expert en boniment. Même pas arrivé à se tirer la secrétaire, qui ne demandait que ça pourtant. Luigi n’est même pas une énigme, c’est du cent pour cent brut de décoffrage, l’instinct total fait homme. Et ça lui a réussi, ce con.

Mais aujourd’hui, Benito est à bout de souffle et le métal froid contre sa hanche lui dit que tout se terminera bientôt … enfin.

Le son : Jeff mills - More Drama

mercredi 21 décembre 2005

Rudy.


Portraits imaginaires, biographiques, inspirés … ou pas.

Rudy se sent vieux. Depuis que sa femme et son médecin ne veulent plus qu'il monte à vélo, la vie n'a plus le même goût. Faut dire que rudy, c’était quelqu’un. Jusqu’il y a peu il tenait ces 250km d’une traite. Il avait même fait le ventoux une fois, c'est pas rien ! Et en provinciale, il se débrouillait vraiment bien au club "le rapide de Binche", et à l'époque on ne prenait pas tous ces bazars. Il y avait bien quelques produits à la limite, c’est vrai que ça faisait un peu la différence, mais sûrement pas comme maintenant. Et dans le peloton, quelle ambiance ! Maintenant, il se contente de regarder, oh, il les voit bien les vrais durs à cuire ou les petés comme des coins, mais il sais repérer les vrais besogneux, ceux qui en veulent. Maintenant, son seul moment de détente à Rudy, c'est un tour à pied dans le centre ville aux aurores. Personnes pour l’embêter à cette heure là. Il y revoit les arrivées du Liège - Bastogne - liège, Boulevard d'Avroy. Se souvient des Criquelion, Merckx et autres grands… Il ne s’attarde pas trop, pour pas inquiéter sa Jacqueline. Car il faudra qu'il rentre à l'heure pour aller à la citadelle. C'est que les dialyses... ont ne chipote pas avec.


le son : BANDULU - run, run, run

vendredi 2 décembre 2005

Lucette.




Portraits imaginaires, biographiques, inspirés … ou pas.

Ce qu’il faut d’abord savoir de Lucette, c’est qu’elle récure son lave-vaisselle après chaque fonctionnement, ça situe le personnage. Elle porte toujours son éternel tablier rayé bleu et jaune boutonné sur le devant et ses sabots « ergonomiques » (ceux avec un ressort intégré), le tout acheté sur catalogue.

Lucette, Elle se sent un peu seule depuis la mort de Constantin, alors elle parle, parle, parle...son flot continu de marmonnements -seulement entrecoupés par les sifflements de son canari, Luis- lui ont valu le statut de veille folle parmi les enfants du quartier. Plus personne n'est là pour écouter Lucette. Avant, il y avait Constantin. C'est que son homme, c'était une sacrée pièce, peu bavard mais bon travailleur. Peut être un peu porté sur la picole, m'enfin l'a jamais porté la main dessus, pis qu’est-ce qu’il était fortiche aux cartes.

Lucette a bien des enfants et de si jolis petits enfants, elle en est très fière. Elle montre toujours cette photo un peu délavée de leurs premières vacances de neige. Mais ils sont si bruyants. Elle les prendrait bien avec elle le mercredi après midi, mais elle va au supermarché ce matin là, et ça finit toujours par lui donner la migraine. Quand au week-end, elle est au camping « la Heid des Gattes », à Aywaille. Où l'on joue belote des après-midi entière, ce qu'elle ne raterai pour rien au monde. Elle se débrouille pas mal d’ailleurs. Moins bien qu’avec Constantin, mais lorsqu’elle trouve un bon partenaire. Comme Roger de la caravane « les mésanges ». Si bien peigné et toujours si courtois…

Mais, Lucette ce qui la détend vraiment, c’est de passer de ces nouvelles lingettes humides et désinfectantes dans tous les coins et recoins de son intérieur, toujours si propre qu’on croirait qu’elle attend la visite de la reine Fabiola. Le napperon sur la télé, les cadres photos à profusion et parfaitement agencés, les assiettes en faïences au mur. Elle aime rester assise et contempler l'immaculé de son salon, sentir l'odeur du propre, vérifier la place de chaque objet. Elle ne voudrai pas être pris en défaut. Mais, de toute façon, Lucette, de la visite, elle n’en a jamais.



le son : Elvis. Don't be cruel.